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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 21:22

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Quand ton ciel se charge de tristesse et douleur

J’aimerais effacer les rides du malheur

Qui vieillissent ton âme et flétrissent ton cœur

Tandis que la vie suit son chemin en vainqueur.

 

Mais je ne suis qu’une simple amie virtuelle

Qui te dit des mots doux, que la vie est si belle

Autant que l’amandier à la saison des fleurs

S’élançant vers les cieux pour goûter au bonheur.

 

L’arbre est une psyché aux reflets sans orgueil

Qui forge l’image de l’homme au champ d’écueils

Captant l’énergie du soleil et de la terre.

 

Je t’invite à suivre de ses branches la voie

Et du tronc la poussée, parce qu’en toi j’ai foi

Tu jouiras alors du sensuel éther.

 

D.C.

à la toile d'Eric Bruni

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 13:16

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Bonjour à toutes et tous

Vous me connaissez à travers des poèmes dans lesquels j’essaie de transmettre des sensations, des sentiments, des émotions…

Difficile !

Mais comme vous l’aurez compris, c’est mon roman qui me tient le plus à cœur.

Il est aussi un passeur d’émotions mais son écriture n’est ni imagée ni poétique. Elle est crue et ne s’embarrasse d’aucune rime.

Une histoire comme tant d’autres, un témoignage qui s’appuie sur mon vécu et dont le personnage principal est le reflet quelque peu déformé d’une femme (moi-même !) qui s’est jetée, tête première, dans le gouffre de la dépression avant de se réveiller dans un centre de soins psychiatriques.

Réveil douloureux mais nécessaire afin de comprendre enfin que la vie est merveilleuse pour peu qu’on veuille bien s’ouvrir à elle… avec l’aide des autres.

Les autres ! Que de belles rencontres d’âmes en peine qui n’ont qu’un rêve, celui d’une vie souriante, qu’une attente, celle de la délivrance !

Chacune, chacun apportera son étincelle qui ne demandait qu’à briller et enrichir un feu commun embrasant les murs de leur folie.

J’entends encore les larmes et les cris, les rires et les fous-rire, les peines et les joies que je vous livre dans ce roman afin de fêter mes compagnons d’un temps, ne pas les oublier, et pour me rappeler à chaque instant d’où je viens et le bonheur que j’ai eu de franchir une frontière (dans les deux sens !) entre un monde malheureusement tabou et le nôtre dit « normal » !

Un livre très vivant qui démarre dans la tristesse et le désespoir, et qui se poursuit dans la joie et l’espérance. Humour garanti !

Vous n’aurez plus cette vision fausse et pleine de préjugés qui plombe le regard sur un monde qui fait partie du nôtre…

 

Je vous laisse découvrir quelques extraits sur la page fb de mon roman « Le pyjama bleu » et n’hésitez pas à aller encore plus loin, aux confins de la folie… qui n’en est pas forcément une !

 http://www.facebook.com/LePyjamaBleu

 

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 09:25

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Je suis comme toutes les mamans émues par la naissance de son premier bébé.

Mais j’ai l’angoisse de la mort subite du nourrisson !

Mon roman « Le pyjama bleu » est une très belle histoire qui plaira à vous tous.

L’écriture coule comme une onde chargée d’émotions qui vous saisit et vous attire inexorablement tout en douceur vers des eaux primordiales, celles qui purifient et régénèrent.

Soyez les parrains de mon bébé et ouvrez-lui les yeux sur un monde solidaire et heureux. Permettez-lui de respirer, vivre, grandir et s’épanouir afin qu’il puisse accueillir avec bonheur ses futurs frères et sœurs.

Un petit pas vers lui…

http://omriezrati.izibookstore.com/produit/7/9791091545044/LE%20PYJAMA%20BLEU#.UBek4jJMUkX.facebook

Ou aimez et partagez la page fb du pyjama bleu qui vous offrira quelques extraits :

http://www.facebook.com/LePyjamaBleu

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 08:53
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MON LIVRE en pré-vente. Commandez dès à présent...
La couverture est la jolie aquarelle de Rodolphe Viragh 
http://www.portail-artistique-francais.com/?q=node%2F1168
omriezrati.izibookstore.com
OMRI EZRATI BOOKSTORE : LE PYJAMA BLEU - - De Danièle Chaneac-Delamare (EAN13 : 9791091545044)
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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 22:01

 

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Bonjour à toutes et tous.

Mon livre "LE PYJAMA BLEU" est en pré-vente.

Commandez-le dès à présent et jusqu'au 13 juillet au soir, recevez immédiatement le livre de Florence Samson "PAIX A LEURS ÂMES-RIP"

 

voir lien dans l'article IVRESSE DES SENS


 


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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 16:16

 

 

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Cliquez sur le lien, découvrez-moi et allumez l’étoile !

http://www.portail-artistique-francais.com/?q=node%2F1284

et sur celui de Catherine Valette et allumez l'étoile

http://www.portail-artistique-francais.com/?q=node%2F233

 

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 11:36

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          Florence avait mal à la tête, ne comprenait pas et cherchait à se rappeler les heures qui avaient précédé sa venue dans cette pièce. Que faisait-elle ainsi dans une chambre inconnue, couchée dans un lit qui n'était pas le sien, vêtue d'un pyjama bleu tout simple avec une poche décousue ? Tout ce dont elle pouvait se souvenir c'était avant le trou !...

           Contrainte et forcée, Florence passera dix jours de sa vie dans un monde particulier, tabou et craint. Dix jours pour se reconstruire, constellés de rencontres touchantes, d'amitiés sincères et même violentes. Une période inoubliable, pleine de révoltes et de soumissions, de larmes et de rires, de fous-rires, de désillusions et de réjouissances, et où la plus petite étincelle se transformera en un feu régénérateur.

           Cette histoire n'est pas seulement un épisode dans la vie de Florence. Elle peut aussi s'inviter dans la nôtre : qu'importent l'époque, le lieu, l'âge, les conditions sociales, la croyance ou l'éducation, nous pouvons, toutes et tous, nous retrouver du jour au lendemain en pyjama bleu...

 

Extrait 1


      Au bord du vertige, elle avança à tâtons dans un brouillard épais. Des volutes grises et opaques dansaient avec les fantômes de ses cauchemars qui apparaissaient et disparaissaient à chaque clignement d'yeux. Images rapides et violentes qui laissaient dans leur sillage des trainées couleur tortures, amertume et désespoir. Scènes dont la précision lui coupa le souffle, la plia en deux au bord du vomissement, et lui tira des grimaces de douleur, figeant ses traits dans la souffrance et égarant sa raison. Elle chercha à la rattraper, haleta épuisée, et tomba sur son mari dans les bras de sa maîtresse. Les yeux horrifiés et les bras tendus devant elle, paumes ouvertes comme pour conjurer le mal et se protéger, elle recula affolée, se retourna violemment au risque de tomber, et le surprit au téléphone, la bouche légèrement entrouverte sur un sourire béat. Il parlait à voix basse et Florence devina des mots douceurs, des mots amour. Elle se boucha les oreilles, ferma les yeux et hurla silencieusement.

     Elle tremblait. Ces mots ne lui étaient pas adressés. Ils étaient destinés à une autre. Une autre...  Celle qu'on appelle plus communément " la pétasse" (-asse, suffixe qui induit le grossissement, l'amplification, l'élargissement, l'intensification autant que faire se peut. Mais était-ce bien suffisant ???). Terme injurieux (???) employé usuellement par toutes les épouses et compagnes pour désigner avec toute leur rage, leur haine, dégoût et mépris, celles qui piquaient leurs maris ou compagnons.

     L'autre, celle qui avait su prendre le train en marche. Celle qui n'avait eu qu'à récolter les fruits mûrs. Celle qui, de toute sa jeunesse, avait mordu à pleines dents la chair encore ferme et savoureuse qui laissait en bouche un sentiment de puissance, solidité, expérience, et impressionnait la gorge d'un léger goût doucereux à peine altéré. L'autre qui avait déchiqueté, arraché sans pitié chaque morceau en laissant l'empreinte indélébile de sa voracité et les avait avalés, gobés sans remords et sans états d'âme. L'autre qui avait su poser et retirer ses filets lourds d'un poisson volontaire, frétillant et pas trop regardant.

     L'autre enfin qui avait pris sans demander et profité sans seulement le mériter, sans seulement donner ce qu'une épouse dépensait sans compter jour après jour.

          - Je prends le meilleur et je te laisse le reste ! avait dit l'autre avec un sourire carnassier.

     Elle était dressée de toute sa petite hauteur, arrogante et provocante, le corps légèrement en avant comme si elle était sur le point de bondir, toutes griffes dehors. Cheveux courts et blonds, petits yeux rapprochés et sournois, bouche trop grande au-dessus d'un menton carré barré d'une méchante fossette, mince et musclée, elle s'imposait avec violence dans l'esprit de Florence. Celle-ci la chassa avec force gestes et moulinets de ses bras, se déséquilibra et tomba à genoux sur la descente de lit.

 

Extrait 2

 

     Se préparer, certes, mais avec quoi ? Pas d'affaires de toilette, pas de vêtements (sinon ceux de la veille roulés en boule dans son placard), même pas une culotte propre. Tout juste un pauvre pyjama bleu étendu sur son lit, avec une jambe de pantalon fripée qui gardait le souvenir d'une nuit agitée. Elle se leva et s'habilla juste au moment où elle entendit la chasse d'eau tirée, signe que Vanessa allait sortir. Pas d'intimité, il fallait s'arranger avec l'autre et faire en sorte que personne ne pâtisse d'une cohabitation contrainte et forcée.

          - Et où se lave-t-on ? demanda Florence.

          - Attends, je vais te montrer, le temps de prendre mes affaires et on y va.

     Puis elles sortirent. A trois mètres de la chambre, sur le côté opposé, une porte s'ouvrait sur les douches d'où déjà quelques femmes sortaient, leur toilette terminée.

     Florence interpella une infirmière :

          - Bonjour. Je n'ai rien, pas de savon ni serviette. Est-ce qu'on pourrait me dépanner ?

     Sans un mot, l'infirmière désigna un chariot près de l'entrée des sanitaires et sortit.

     Florence approcha et récupéra une serviette, un gant et un flacon contenant un savon liquide. Elle ravala son amertume, laissa de côté orgueil et fierté et, droite comme un i, se dirigea vers la première cabine. Rien ne transparaissait. Humiliation, déception, angoisse, colère ne devaient avoir aucune prise sur elle. Elle les refoula et appela à la rescousse contentement, espérance, insouciance. La salle était vaste et haute, entièrement carrelée, humide et froide, séparée par de fines cloisons délimitant les douches. Des corps nus se précipitaient dans les cabines et Florence eut la fugitive mais amère et triste vision de camps de concentration révélés par les documentaires télévisés. Laissant là sa première impression, elle se déshabilla dans la douche. Pas de mitigeur évidemment, et l'eau mit du temps à sortir à la température désirée. Ajouté à ça, chaque fois qu'une autre patiente ouvrait son robinet, Florence se brûlait ou se glaçait. Elle se lava, se sécha et remit son pyjama.

          - Bon, ça c'est fait, pensa-t-elle de meilleure humeur. 

     Le temps de la prise de médicaments approchait et cela se ressentait dans l'excitation qui régnait dans le couloir. Certaines étaient en retard et couraient dans leur chambre pour s'habiller, d'autres s'interpellaient, et les infirmières aidaient les moins valides.

 

Extrait 3

 

    Un fourgon de police approcha. Police nationale ou gendarmerie, Florence n'avait jamais su faire la différence. Ils étaient tous en bleu ! Des képis en sortirent et encadrèrent un homme à la carrure impressionnante, tout en force et en sourires. Il serra la main des uns et des autres et suivit les infirmiers (nombreux !) à l'intérieur du bâtiment.

          - Celui-là va directement en chambre d'isolement, commenta Denis.

     L'évènement avait été d'importance et Florence, absorbée par l’arrivée fracassante du nouveau, ne s'était donc pas aperçue de celle de son ami.

          - En chambre d'isolement ?

          - Une entrée aussi spectaculaire avec les gendarmes, et c'est de suite au trou !

     (Ah, c'était donc les gendarmes !)

          - Et ça consiste en quoi ?

          - Une pièce fermée à clefs, un lit et des barreaux aux fenêtres. Pas de sorties ni d'échanges avec les autres, et les repas sont pris dans la chambre. Si tu fais des conneries, toi aussi tu peux y aller.

     Cécile, qui était revenue de sa promenade avec Alain, entendit les explications de Denis, pâlit soudainement, bredouilla : - J'ai fait des conneries - et rentra précipitamment. Florence la suivit et l'arrêta dans le couloir.

          - J'ai fait des bêtises, j'ai rendu mon téléphone portable aux infirmiers.

          - Quoi ! Tu n'as pas fait ça ?

          - Tu comprends, on n'a pas le droit d'en avoir, c'est interdit, alors je suis allée les voir et je leur ai dit que j'avais fait des bêtises, que j'avais un téléphone. Ils me l'ont pris et maintenant je vais aller en chambre d'isolement ! se désespéra Cécile en se tordant les mains.

          - Sûrement pas, soupira Florence, ce n'est vraiment pas important et tu ne risques rien.

     Elle passa encore dix minutes à rassurer Cécile qui sécha ses larmes et sourit enfin.

          - Tu veux te promener avec moi ?

          - Oui, dit Cécile, ça me fera du bien.

     Les deux femmes s'accordèrent quelques minutes et marchèrent lentement autour du bâtiment au rythme d'une balade indolente.

     Florence écouta sa camarade lui raconter le décès de son ex-mari, de son père, sa douleur, l’impression qu’elle avait de se perdre, son manque de confiance, son désarroi total devant les problèmes, mais aussi l’immense joie qu'elle éprouvait face à ses filles qui lui manquaient tant. Elle s'exprimait avec passion, se vidait et s'emplissait aussitôt. Elle s'attristait et s'éclairait à la fois, demandait conseil, s'accrochait à la bonne humeur de Florence, lui en soutirait un peu et se sentit enfin soulagée et reposée.

 

Extrait 4

 

    Florence se fit accoster par une des mégères qui partageaient la table de Michel. Il s'agissait de Claudine, la soixantaine, échevelée, qui réclamait une cigarette. Sans un mot, Florence lui en tendit une, rapidement escamotée par une main avide et crochue. Claudine, sans vergogne, la plaça dans un paquet abimé qui en contenait déjà quelques-unes, puis s'en retourna sans même un remerciement.

          - De rien ! dit Florence ulcérée.

     Christian l’Errant, qui avait assisté à la scène, se moqua gentiment de Florence.

          - Ce n'est rien, dit-elle en haussant les épaules. Aujourd'hui j'ai l'intention d'être de bonne humeur et ce n'est pas une cigarette qui va me contrarier !

          - Tu es toujours de bonne humeur.

          - Oui, mais cet après-midi, j'ai rendez-vous avec le psy et j'ai l'intention de lui réclamer mes affaires. Je ne supporte plus ce pyjama abject, je l'ai en horreur, je l'abhorre, je l'exècre !

          - Moi, je trouve qu'il est très seyant, c'est un joli bleu et il me va très bien au teint, répondit Christian avec une mimique des plus drôles. Nous ressemblons à des Schtroumpfs et les Schtroumpfs sont sympas !

          - Alors moi, je suis la Schtroumpfette et le psy c'est Gargamel !

     Ce fut en riant que Christian s'éloigna et reprit sa course contre le temps. Le temps qui s'échappait inexorablement. Et toujours les mêmes couloirs, les mêmes portes, le même tableau de travers, le même carrelage poli voire usé par les frottements incessants des pas traînants des patients qui patientaient dans l'attente d'un autre temps.

     Florence, elle, n'avait pas le temps d'attendre. Elle se lança, tête première, à corps et esprit perdus, à la recherche de sa raison et de celle de sa présence, ici ou là, sur Terre. Avec les autres, ici ou là, sur Terre. Tant de choses à faire en si peu de temps ! Ne pas baisser les bras, ne pas être blasée ou indifférente. Ne pas critiquer ou condamner, et se libérer de tout préjugé. Mais aussi être à l'écoute, en observation, poser un regard neuf et se laisser surprendre. Découvrir, goûter, aimer. Elle ne savait pas où chercher, par où commencer, mais elle savait qu'elle n'aurait jamais les réponses à ses questions.

     Personne ne détenait la Vérité pour la lui offrir, et tout le monde n’en possédait qu’une infime parcelle. Florence n'avait d'autre choix que de partager la sienne avec celle des autres afin de mieux éclairer les esprits et dessiner les chemins. Et si raison perdue ne se retrouvait pas, alors elle chercherait mieux demain !

 

Extrait 5

  

     Le repas se termina sans plus d'incident et chacun reprit ses occupations. Serge attendait Florence, l'Acariâtre bougonnait, Valérie se cachait, Michel fumait avec Kévin et Denis. Cécile se promenait avec Alain, Anaïs jouait de la guitare et David faisait des pirouettes. Magalie était plongée dans la narcose, Christian arpentait les couloirs d'un côté et Jean-Pierre de l'autre. L'Isolé avait réintégré ses quartiers, Vanessa roucoulait avec Driss et Monsieur Grégoire roulait.

     La vie s'écoulait donc paisiblement au Mistral et donnait l'impression que tout était à sa place, ordonné, sans laisser à la fantaisie la moindre chance de s'installer durablement. Une petite étincelle ne mettra pas le feu aux poudres. Là, tout n'était qu'ordre et santé, soumission, dépendance et p'tits cachets !

     Florence aurait voulu taper du pied, envoyer tout balader, crier de toutes ses forces pour évacuer le trop plein de monotonie et d'étroitesse, hurler sa révolte, son ennui et son besoin de liberté.

     Liberté dans le choix des horaires, des repas, chambre, amis et relations, vêtements, promenades. La liberté de s'insurger, d'afficher sans honte et sans complexes ses envies sans demi-mesures, sa folie du moment sans passer par la camisole de force ou chimique, d'étaler au grand jour ses rêves les plus fous et ses espérances sans pour autant risquer, au nom de l'éthique, de la morale et du qu'en dira-t-on, les foudres d'une société soumise à des lois communes et qui ne pouvait ni ne voulait accepter la différence et l'individualisme.

     Se conformer aux principes, aux règlements, penser comme les autres, adopter la même attitude, avancer dans la même direction, reconnaître l'autorité et s'y soumettre sous peine de châtiment ! Voilà ce qui l'attendait !

                   Tais-toi et avance, marche ou crève !

     Florence s'affola d'avoir des pensées si violentes et révolutionnaires. Elle avait toujours choisi de marcher au milieu des garde-fous, en renâclant et ruant parfois mais sans jamais oser franchir les barrières.

     Commode !

     Commode et confortable comme un bain chaud et délassant qui décrasse les corps fatigués et dont la mousse parfumée allège les esprits, les déleste de questionnements et de doutes, les attendrit comme de la guimauve, les liquéfie et stoppe net toute velléité de rébellion. Parfum de synthèse, couleurs virtuelles, bulles chimiques, mousse pervertie et dont la couleur vire au gris fadasse, tendance illusion, frustration. Puis douche froide pour raffermir les muscles, tonifier le mental avant d’évacuer dans le perfide siphon l’eau souillée, chargée d’impostures et de mystification.

         - Continue ainsi, se dit-elle, ne te plains pas, tais-toi et avance pour ne pas   crever ! Et avec le sourire s'il te plait !

 

Extrait 6

 

     Les joueurs s’observèrent, se concentrèrent, puis se détendirent pour enfin s'animer comme tout bon méditerranéen joueur de belote qui se respecte.

     Les cartes distribuées glissaient sur la table et les mains avides s'en emparaient aussi rapidement que précautionneusement pour ne pas tenter l'œil indiscret de l'adversaire.

     Les regards passaient des cartes aux visages, fermés ou expressifs, concentrés ou hilares suivant le jeu médiocre, serré ou favorable. Les mots, remarques, onomatopées, jurons, exclamations, fusaient et ajoutaient à l'ambiance un petit air à la Pagnol, fleurant bon la Provence, les picholines, le pastis et le basilic. Les cœurs bondissaient dans les poitrines tandis que d'autres se jetaient sur la table. Carreaux, piques et trèfles suivaient et s'organisaient en un combat impitoyable d'où seules sortiraient vainqueurs la joie et l'amitié.

     Roger avait de la difficulté à distribuer dans le sens des aiguilles d'une montre et à attendre son tour avant de jeter sa carte. Ses partenaires acceptèrent une fois, deux fois, puis les critiques et remarques acerbes dégringolèrent sur sa tête qu'au fur et à mesure il rentrait dans son cou.

         - Mais ce n’est pas possible, où avez-vous appris à jouer à la belote ? demanda Michel agacé.

         - Je suis vraiment désolé, chez nous, dans le Nord, on distribue et joue dans le sens inverse.

         - Il fallait le dire tout de suite, le Nord c'est le Nooooord ! ironisa Denis, reprenant ainsi une célèbre réplique de cinéma.

     Eclat de rire général qui réchauffa l'atmosphère et détendit Roger qui s'appliqua à respecter les règles d'une belote bien de chez nous (dixit Denis), bien du Sud.

     Les autres résidants, curieux, s'approchèrent, observèrent, allèrent jusqu'à s'asseoir à côté des joueurs, poser même des questions, ce qui eut pour effet de crisper au plus haut point les partenaires :

         - Non, je ne peux pas t'expliquer en cinq minutes ce qui s'apprend en toute une vie.

         - Je ne viendrai pas, tu ne vois pas que je suis occupé !

         - Va voir ailleurs si j'y suis !

         - Non Anaïs, je ne peux pas te maquiller ce matin, tu attendras plus tard. Et puis non, je ne te donnerai pas de cigarettes.

         - Parce que c'est l'atout trèfle, qu'on demande du carreau et que je n'en ai pas.

         - Roger !!!

         - Oh, excusez-moi, je croyais que c'était mon tour !

         - D'accord Serge, tu es réveillé et ça me fait bien plaisir, mais nous n'irons pas jouer au baby-foot.

         - On ne mélange pas les cartes, on coupe c'est tout. Pourquoi ? Mais si on te le demande, tu diras que tu n'en sais rien !

         - Claudine, plus de cigarettes, ni aujourd'hui, ni demain, ni jamais, alors arrête d'en demander.

         - Mais c'est sérieux comme jeu ! s'écria Denis énervé. Vous ne voyez pas que ça demande énormément de concentration ?! Et les gouttes de transpiration sur nos fronts, ça ne s'invente pas ! Si vous croyez qu'on s'amuse ! C'est notre avenir de joueur de belote et notre honneur qui sont en jeu sur cette table ! Vous n'avez pas l'air de prendre conscience de la gravité de ce moment !

         - Oh Denis, arrête, tu me fends le cœur ! dit Michel sur un ton malicieux accompagné d'un clin d'œil.

         - C'est ça ! Et un appel du pied peut-être ? s'indigna Florence qui en fronçait les sourcils. Denis, tu n'as pas intérêt à jouer du cœur maintenant !

     Les curieux hochèrent la tête en signe d'impuissance et d'incompréhension, et s'éloignèrent, désabusés, en laissant les joueurs invétérés entre eux.

         - Ouf ! Il était temps ! s'exclama Michel.

     La partie continua, aussi animée que possible. Une infirmière, chargée de contrôler les tensions, s'approcha et apposa les bracelets électroniques aux joueurs, chacun leur tour, sans un mot et sans oser les bousculer ni interrompre leur jeu. 

 

Extrait 7

 

     En contournant le bâtiment, Florence aperçut près de l'entrée une vieille dame, toute menue, perdue dans des vêtements trop larges et dans un monde sans doute trop compliqué et inconnu pour elle. Elle avait les mains qui enserraient son visage et marmonnait des paroles que Florence, en s'approchant, distingua plus ou moins bien :

         - Mon Dieu, pourquoi suis-je ici ? Que vais-je faire ? Il faut que j'aille vers les autres. Je ne dois pas rester toute seule. Je ne dois pas rester toute seule. Je ne dois pas rester toute seule.

     Puis elle voûtait ses épaules, baissait la tête, se bouchait les oreilles et fermait fortement ses yeux :

         - Arrêtez de parler, je ne veux plus vous entendre, vous criez trop fort !

     Elle pleurait doucement, sans larmes, tournait sur elle-même, s'éloignait de quelques pas, puis revenait et reprenait sa plainte en gémissant.

     Florence était troublée devant la folie qu'exprimait, poignante, cette pauvre vieille femme, désemparée devant tant de tourments, égarements, accablement et oppression.

     Vanessa rejoignit Florence et se pencha vers elle :

         - Elle est arrivée il y a une heure et, depuis, elle parle toute seule et pleure dans son coin.

         - Mon Dieu, que c'est triste !

         - Oui, tu vois, il n'y a pas que des gens apparemment bien portants ici. Il y a de tout, des malades et des moins malades, des fous et des dépressifs, des alcooliques et des violents, et il faut composer avec tous ces gens. C'est pour ça que je veux sortir d'ici. Je n'y ai pas ma place et toi non plus. 

         - Toujours est-il que nous y sommes et nous devons bien nous y faire. Et nous...

         - Mais c'est ce que tu crois ! coupa Vanessa furieuse. Toi, c'est ton mari qui t'a fait entrer. Tandis que moi, je suis venue de mon plein gré et je sortirai quand je  voudrai !

     Vanessa avait monté le ton dans ses dernières paroles et semblait maintenant agitée et surexcitée. Florence ne dit rien, tourna le dos à son amie et s'apprêtait à monter le perron quand une infirmière le descendit et les avertit de l'imminence du repas, puis les dépassa et s'avança jusqu'à la vieille dame qu'elle attrapa gentiment par le bras et emmena avec elle tout en l’apaisant.

     Florence fut charmée par le tableau. Elle se laissa captiver par la scène émouvante et pétrie d'humanité qui se déroulait sous ses yeux, oubliant du même coup la désagréable sortie de son amie. L'infirmière se penchait, attentionnée, sur sa patiente, la soutenait et lui prodiguait encouragements et douceurs. Ses mots étaient empreints de bonté, bienveillance, et son bras se faisait caresse, tendresse et affection. La vieille dame, petit moineau apeuré, se laissait guider, écoutait et levait des yeux pleins de gratitude sur un visage qu'elle ne connaissait pas et ne reconnaîtrait jamais. Qu'importe, ce qui comptait c’était le moment présent, ce petit cadeau gratuit et rassurant qui redonnait goût à la vie et confiance en la nature humaine. Florence en avait presque les larmes aux yeux, et ce fut le cœur attendri qu'elle s'installa à sa table.

 

Extrait 8

 

           - Pour ne pas oublier, se disait-elle.

     Au fur et à mesure que sa tête se vidait et s'épanchait sur le papier, d'autres idées comblaient l'espace ainsi libéré. L'histoire s'éveillait, prenait forme et, au détour d'une virgule, respirait et s'animait. Le présent étalait sa blancheur virginale pour aussitôt laisser place à une écriture tantôt fluide, tantôt fiévreuse ou encore chargée de baisers au goût salé de larmes refoulées. L'histoire avançait, mots après mots, et s'inscrivait dans le passé avant même que l'encre s’asséchât. Puis vision de l'avenir, interprétation des rêves, promesse d'une vie meilleure, et les images se succédaient au gré des envies de Florence et se déposaient en une empreinte légère sur les journaux du futur, comme une écriture en braille, espérance en relief.

     Le mot livre revenait sans cesse dans son esprit. Elle avait beau le chasser, il s'inscrivait au fond de ses yeux et la harcelait. Le livre, quel qu'il soit, offrait au lecteur l'évasion, l'émotion, la richesse d'esprit, des informations, mais surtout l'envie d'aller plus loin, au moins au bout de l'écrit.

     Plaisir des sens libérés et sublimés à la lecture d'un poème, roman ou prière.

     Et quand enfin le livre se refermera, le lecteur deviendra lui-même écrivain : papier transparent, encre sympathique révélant son histoire dans le souvenir des autres. Les pages se suivront au rythme de ses joies et peines, de ses passions, de ses rencontres et voyages qui feront de lui un être unique mais complémentaire de l'autre. Minuscule recueil, infime partie d'un tout qui s'inscrira à l'intérieur d'une reliure précieuse rassemblant toutes les histoires passées, présentes et futures qui composent le livre de la Vie, livre de la Connaissance, de la Vérité, de la loi cosmique, le Livre enfin avec un grand L.

         - Pas de panique,  j'y penserai plus tard, se dit-elle en levant les yeux au ciel et en secouant la tête pour évacuer toute divagation.

     Florence plongea avec délices dans une écriture délirante et enivrante au moins autant que son exaltante folie. Elle entoura quelques idées, plissa les yeux, fronça les sourcils et broda, tissa une trame, des liens, forgea une armature et y déposa quelques proses livrant ainsi ses passions et tourments passés, sa vision actuelle de la vie et ses espérances.

         - Madame Vincent, le docteur vous attend !

     L'infirmière avait frappé à la porte, mais Florence, totalement submergée par son inspiration, ne l'avait pas entendue.

         - J'arrive tout de suite !

     Elle posa ses écrits sur le chevet et se précipita à la suite de l'infirmière. Elle pénétra dans l'antre aseptisé, sécurisé et froid du maître absolu d'un univers à la dérive. Elle s'assit face à l'autorité incarnée qu'un austère bureau protégeait de toute intrusion qui mettrait en péril sa précieuse quiétude.

 

Extrait 9 

 

     Avant de sortir de la cabine, elle remit pour la dernière fois son pyjama. Elle s'apprêtait à regagner sa chambre quand elle aperçut sur le chariot des affaires de rechange une pile de culottes blanches de grand-mère. Elle regarda à droite et à gauche, se pencha et s'empara rapidement de la plus grande taille qu'elle glissa subrepticement dans sa poche. Puis elle courut dans le couloir, s'arrêta devant la porte de Magalie qu'elle gratta de plus en plus fort jusqu'à donner des petits coups secs qui, enfin, réveillèrent son amie.

         - Oui, j'ai entendu, je me lève !

     Florence entra sans attendre la permission :

         - Je t'ai apporté un petit cadeau.

     Elle tira de sa poche l'impressionnante culotte et en coiffa son amie surprise.

         - Il parait que tu n'as pas suffisamment de rechange, alors j'ai pensé que ça pourrait te servir !

     Magalie retira son improbable chapeau, l'examina avec les mimiques de quelqu'un ravi de découvrir un magnifique cadeau et qui réfléchissait à la meilleure façon d'en profiter, puis s'en recoiffa. 

     Florence était pliée en deux en proie à un irrépressible fou-rire tandis que son amie, à moitié aveuglée par la culotte, tournait la tête, papillonnait des yeux, prenait la pose et mettait l'index à plat sur sa bouche dont la moue boudeuse évoquait les filles de certains magazines osés. Puis, n'y tenant plus, elle fit écho à la réjouissante explosion de sa visiteuse et jeta en l'air l'objet de leur joyeux délire, comme on se débarrasse d'une chose ou d'un sentiment inutile et encombrant.

     Le geste fut d'importance et libéra les deux femmes dont le seul souci à cette minute précise était de rire à en perdre haleine pour exorciser la tension, les drames et malheurs des derniers jours. Un geste ample, rond et sensuel comme une parenthèse qui s'ouvrait et invitait au repos, à l'insouciance. Parenthèse féminine et chaleureuse qui accueillait dans ses bras et contre sa généreuse poitrine pleine de bonté et réconfort, deux enfants en mal d'amour, tendresse et bonheur. Magalie se dressa et esquissa avec Florence deux pas de danse. Elles tombèrent épuisées sur le lit, les corps encore secoués par des restes de joie et rires en cascade. Puis elles se calmèrent et reprirent leur quotidien, chacune de son côté, les yeux encore pétillants et le cœur léger.

   

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 08:01

     Danièle

     Oui, j'y étais, mais je dois remettre les choses en place : je n'étais même pas en bas de l'affiche ! Non j’étais là tout simplement comme une provinciale illuminée, croyant fermement en son étoile, montant à l'assaut de la capitale pour faire reconnaître son talent !

     Dans le train, j'ai bien potassé les lignes de métro qui devaient me permettre d'accéder de la gare au parc des expos, et du parc à mon hôtel. Mais il m'a fallu, tout de même, l'aide d'un passager qui m'a aimablement et heureusement renseignée (j'avais tout faux !). 

     Enfin, me voici arrivée, toute excitée, devant l'entrée et j'hume l'air chaud de la ville avec plaisir, après avoir humé celui du métro.

     Drôle d’endroit que le métro ! Des gens se côtoient, les corps se frôlent, se touchent même et se bousculent sans se connaître. Un fugitif sourire d’excuse pour un froncement de sourcils, un balbutiement inaudible pour une gueulante. Et puis, on se détourne. Les uns sont venus à plusieurs et discutent comme à une table de café. Les autres baissent les yeux pour ne pas avoir à affronter le regard du voisin. Certains lisent debout (il faut dire que les places sont chères !), accrochés à leur barre, et se coupent totalement du monde extérieur (comment peut-on lire dans cette situation ?!). J’ai croisé un violoniste, un accordéoniste, un guitariste… et même une jeune femme qui a fait, à haute voix, une annonce de recherche d’emploi dans l’indifférence totale ! Tiens, j’ai failli oublier un joueur de flûte de pan ! J’ai eu, pour voisine, une femme d’une quarantaine d’année trimbalant un balai de sorcière cassé. Elle a mangé une baguette de pain entière avec une bonne tranche d’emmental. Une bouchée de l’une suivie d’une bouchée de l’autre. Elle a tout fini ! Puis elle s’est mise à rire, grassement, à gorge déployée et nous a fait part de son hilarité : son balai cassé était un cadeau qu’elle s’apprêtait à offrir à son amie à l’occasion de son anniversaire. Effectivement, c’était hilarant ! Je me suis régalée à observer les uns et les autres. A sourire aussi, car il ne faut pas attendre l’appel de l’autre pour y répondre. J’ai eu beaucoup de réponses ! Bon, il est vrai que, parfois, c’était du bout des lèvres et que la méfiance maîtrisait parfaitement le don de soi. Mais d’autres sourires étaient francs, voire reconnaissants de l’attention que je portais ! Chouette ! A moins que j’ai été prise pour une niaise !

     Devant l’entrée du parc, les gens sont assaillis par des jeunes vendant à la sauvette (et pourtant au vu et au su de tous !) des billets d’entrée moins chers. Tentant, mais je ne me suis pas laissée tentée. D’ailleurs, je n’en ai pas vu un seul accrocher un passant et lui soutirer de l’argent.

     La file d’attente pour payer est longue mais ça me permet d’observer un peu les lieux et les gens. Ce n’est pas parce que je ne suis pas parisienne (ça me gêne, ça me gêne…pas) que je m’intéresse à l’endroit inconnu dans lequel je me trouve. Non, même dans ma ville (Bagnols sur Cèze. Gard), j’adore regarder les gens, leurs gestes et attitude, les arbres, les rues, etc… Je ne veux pas être blasée et j’ai décidé d’être, le plus souvent possible, surprise dans mes observations.

     Je rentre et je dépose mes bagages au vestiaire. Il m’en coûte 2€ par objet. Je suis enfin libre de déambuler tout à loisir.

     La présentation de mon livre dans le sac, et en main mes fiches descriptives sur les maisons d’éditions susceptibles d’être intéressées par mon ouvrage, je m’inquiète de savoir où trouver ces dernières. Il y a bien un plan, mais trop de monde devant. J’ai beaucoup de qualités (les fleurs sont en solde sur le marché !) mais pas celle de la patience. Et pourtant, il va m’en falloir ! Bref, je décide d’y aller au petit bonheur la chance. C’est immense, la foule est dense et les stands se suivent comme des boites empilées les unes derrière les autres. C’est coloré, bruyant, mouvant et il est difficile de ne pas se laisser happer par le flux et le reflux d’une marée humaine qui s’empare de chaque mètre carré mis à sa disposition. Je ne vais pas dire que j’étais perdue, mais pas loin !

DSC00141       DSC00145       (veuillez pardonner le flou des photos, je n'avais qu'un vulgaire portable !)

 

     Allez, un peu de courage et me voici à l’assaut d’une montagne quasi inaccessible ! Les grandes maisons d’éditions vous renvoient toutes à leur service manuscrit (ou alors, je m’y suis prise comme un pied !). Les auteurs délivrant leur dédicace sont presqu’intouchables (il y a la queue partout !) Pourtant, j’aurais bien voulu les approcher et bavarder un instant avec eux. Ça sera pour une autre fois. Aujourd’hui, c’est dans un autre but que je suis là.

     Mais je n’ai pas perdu mon temps ! J’ai fait des rencontres très agréables et, au cours de mes 3 courtes journées, j’ai pu m’intéresser à des auteurs sympathiques et moins connus que je vais vous présenter :

     Entre autres, William Cliff, « épopées » chez « La table ronde », adapte la vie quotidienne dans quelques proses poétiques où tout prend un autre sens. De la 2CV à l’ouvrier en passant par l’amour, l’alcool et la déchéance, tout est prétexte à la poésie. Et ce n’est pas mieux ainsi ? A noter, le libraire qui tient le stand, jeune homme d’origine italienne, est d’une touchante gentillesse.

     « Naître ou ne pas naître noir » et « Etrange ballet des ombres » chez « Myriapode » sont les romans d’un africain, Victor Kathémo. Il dénonce très justement les travers des conditions humaines où la différence oblige à se fondre dans la masse, au risque d’oublier ses racines et de perdre son identité, et où l’indifférence flirte avec le mépris. Poésie des mots, fluidité du texte, j’ai adoré passer un peu de temps avec Victor sur son stand.

     Roger Blandignères est un magnétiseur-guérisseur qui en est déjà à son quatrième ou cinquième roman. Je lui en ai pris quelques-uns dont « L’enfant déraciné » chez « TDO éditions » qui traite de la difficulté d’adopter un enfant. Mais si le chemin de l’adoption est long et caillouteux, le rêve réalisé n’en demeure pas moins, lui aussi, chargé d’épreuves… émotions garanties. Attention Mesdames, Roger est un charmant monsieur qui se révèle être très charmeur…

     Chez « Héloïse d’Ormesson », Damien Luce fait la promo de son deuxième roman. Mais j’ai choisi de découvrir son talent dans le premier « Le chambrioleur » (il n’y a pas de faute d’orthographe, il s’agit bien de chambrioleur). Le monde merveilleux de l’enfance m’interpelle et la première page est à la fois poétique et terriblement réelle. Damien est un jeune pianiste, compositeur, comédien et aussi écrivain. Il est très sympathique et ouvert.

     Me voici devant « Le dilettante » et je m’assoie face à Chefdeville, alias Dounovetz pour son roman « Je me voyais déjà… ». Tout un programme et vous comprendrez que le titre m’ait attirée. En feuilletant le bouquin, j’ai apprécié la verve de l’auteur. Pas de rondeurs, du pur et dur, à l’image d’un Dounovetz barbu dont les yeux pétillants témoignent de son appétit pour la vie et ses plaisirs.

     Mon coup de cœur va à un charmant jeune retraité Martiniquais, Jean-Pierre Maurice, dont le premier essai « Les neuf piliers de la sagesse » aux éditions « société des écrivains » m’a séduite. A la recherche d’un bonheur qui passe par la sagesse d’écouter (et surtout entendre !) les anciens dont les mots ouvrent des portes sur les possibles. J’ai été accueillie à bras ouverts et j’ai même eu droit à prendre place à ses côtés derrière son stand pour mieux apprécier sa conversation. Autre point de vue du salon ! Je vous avouerai que j’en étais assez fière ! Photo à l’appui.    

                           DSC00147

     Autre rencontre, celle de Omri Ezrati, journaliste, rédacteur au Flash Transport, directeur de la radio Hot Truck Jazz, et écrivain : « Le jardin des solitudes » chez « Publibook » est à paraître prochainement. Si on laisse le côté policier du roman, on trouvera la quête rédemptrice de sa propre humanité dont les faiblesses compensées par une véritable recherche de soi amènent à la paix intérieure. Accueillant, professionnel, Omri est un homme dynamique ayant plusieurs cordes à son arc qu’il fait vibrer avec fougue et conviction. A connaître et à suivre.

     Mais mon plus grand moment d’émotion est la rencontre, au tout dernier moment de mon séjour, avec Isabelle Blondet-Hamon qui présente son premier roman « Le ciel de Birkenau » aux éditions « Diabase ». Héritage d’un lourd passé violent et cruel, maladie, descente aux portes de la mort, Isabelle a recueillie les témoignages d’une femme qu’elle fait revivre dans son roman qui brille dans le noir du désespoir. Chaque ombre porte en elle une touche de lumière. Il faut juste la chercher et s’y accrocher.

     Je ne fais pas la promotion de ces romans, ni de leurs auteurs. Je raconte, avec passion, ce qui m’a touchée, émue, et ces courts moments ont été intenses en émotions diverses. Je tenais à les faire partager.

     Mais ce n’est pas tout ! J’ai croisé (ou plutôt entr’aperçu) Elie Sémoun, Nicolas Canteloup, François Hollande et Jean-Louis Debré. Quant aux autres, je n’étais pas à la bonne place au bon moment ! Ah oui, un cow-boy et un jeune démon (pas sûre que c’en était un !) ont pris la pose pour mon plus grand plaisir :

                DSC00155     DSC00150

 

     Et moi, dans tout ça ? J’ai quand même fait quelques touches. Je suis allée à la pêche et je ne sais pas encore ce que j’ai remonté dans mes filets. J’en reviens au début de mon histoire, il faut que j’apprenne la patience. En attendant, on peut toujours rêver !!!

      

                             DSC00156

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 08:34

  Danièle  

     Tous les quatre s'assirent dehors. Ils fumaient et discutaient quand un hurlement les glaça et les figea dans leur élan.

     Avant même que l'un d'entre eux s'exprimât, un deuxième hurlement, interminable et plus intense que le premier, déchira l'air et les coeurs. Les jeunes et Florence étaient effrayés, Denis leur expliqua :

          - Ce sont les plus atteints qui sont dans les bâtiments que vous voyez derrière. Là, je crois qu'on peut vraiment parler d'asile. Je ne sais pas trop ce qui s'y passe, mais je n'aimerais pas y mettre les pieds. Il y a encore d'autres bâtiments et je pense qu'ils sont réservés aux plus violents. Après la chambre d'isolement, c'est sûrement là-bas qu'on doit se retrouver !

 

 

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 08:33

    Danièle

     Le repas de midi était aujourd'hui différent pour Florence, Magalie et Cécile. Un infirmier stagiaire avait pris place avec elles après leur en avoir demandé la permission. Elles avaient accepté avec joie, et Cécile, distraite par cette diversion, mangea de bon appétit et participa à la conversation avec le nouveau venu.

     Celui-ci répondait patiemment à l'avalanche de questions que les trois femmes n'avaient de cesse de lui poser : -C'est votre premier stage ? -Vous êtes déjà venu dans ce centre ? -Vous désirez vous spécialiser dans la psychiatrie ?

L'infirmier jetait des coups d'oeil aux tables voisines et observait l'attitude des autres convives et des infirmières. Il était là pour apprendre et surtout adapter ses réactions face à celles des malades. Soigner, être à l'écoute, rassurer, trouver des solutions adaptées dans le calme, tout en préservant sa propre santé en refusant de faire sienne la souffrance de l'autre. Etre en recul, sans trop de distance ni pas assez, donner d'une main et se protéger de l'autre. Etre ferme et doux à la fois, autoritaire et compatissant.

     Quel dur métier que d'être sans cesse en équilibre sur la pointe des pieds et d'offrir un peu de raison et santé à ceux qui en ont moins !

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