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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 08:01

     Danièle

     Oui, j'y étais, mais je dois remettre les choses en place : je n'étais même pas en bas de l'affiche ! Non j’étais là tout simplement comme une provinciale illuminée, croyant fermement en son étoile, montant à l'assaut de la capitale pour faire reconnaître son talent !

     Dans le train, j'ai bien potassé les lignes de métro qui devaient me permettre d'accéder de la gare au parc des expos, et du parc à mon hôtel. Mais il m'a fallu, tout de même, l'aide d'un passager qui m'a aimablement et heureusement renseignée (j'avais tout faux !). 

     Enfin, me voici arrivée, toute excitée, devant l'entrée et j'hume l'air chaud de la ville avec plaisir, après avoir humé celui du métro.

     Drôle d’endroit que le métro ! Des gens se côtoient, les corps se frôlent, se touchent même et se bousculent sans se connaître. Un fugitif sourire d’excuse pour un froncement de sourcils, un balbutiement inaudible pour une gueulante. Et puis, on se détourne. Les uns sont venus à plusieurs et discutent comme à une table de café. Les autres baissent les yeux pour ne pas avoir à affronter le regard du voisin. Certains lisent debout (il faut dire que les places sont chères !), accrochés à leur barre, et se coupent totalement du monde extérieur (comment peut-on lire dans cette situation ?!). J’ai croisé un violoniste, un accordéoniste, un guitariste… et même une jeune femme qui a fait, à haute voix, une annonce de recherche d’emploi dans l’indifférence totale ! Tiens, j’ai failli oublier un joueur de flûte de pan ! J’ai eu, pour voisine, une femme d’une quarantaine d’année trimbalant un balai de sorcière cassé. Elle a mangé une baguette de pain entière avec une bonne tranche d’emmental. Une bouchée de l’une suivie d’une bouchée de l’autre. Elle a tout fini ! Puis elle s’est mise à rire, grassement, à gorge déployée et nous a fait part de son hilarité : son balai cassé était un cadeau qu’elle s’apprêtait à offrir à son amie à l’occasion de son anniversaire. Effectivement, c’était hilarant ! Je me suis régalée à observer les uns et les autres. A sourire aussi, car il ne faut pas attendre l’appel de l’autre pour y répondre. J’ai eu beaucoup de réponses ! Bon, il est vrai que, parfois, c’était du bout des lèvres et que la méfiance maîtrisait parfaitement le don de soi. Mais d’autres sourires étaient francs, voire reconnaissants de l’attention que je portais ! Chouette ! A moins que j’ai été prise pour une niaise !

     Devant l’entrée du parc, les gens sont assaillis par des jeunes vendant à la sauvette (et pourtant au vu et au su de tous !) des billets d’entrée moins chers. Tentant, mais je ne me suis pas laissée tentée. D’ailleurs, je n’en ai pas vu un seul accrocher un passant et lui soutirer de l’argent.

     La file d’attente pour payer est longue mais ça me permet d’observer un peu les lieux et les gens. Ce n’est pas parce que je ne suis pas parisienne (ça me gêne, ça me gêne…pas) que je m’intéresse à l’endroit inconnu dans lequel je me trouve. Non, même dans ma ville (Bagnols sur Cèze. Gard), j’adore regarder les gens, leurs gestes et attitude, les arbres, les rues, etc… Je ne veux pas être blasée et j’ai décidé d’être, le plus souvent possible, surprise dans mes observations.

     Je rentre et je dépose mes bagages au vestiaire. Il m’en coûte 2€ par objet. Je suis enfin libre de déambuler tout à loisir.

     La présentation de mon livre dans le sac, et en main mes fiches descriptives sur les maisons d’éditions susceptibles d’être intéressées par mon ouvrage, je m’inquiète de savoir où trouver ces dernières. Il y a bien un plan, mais trop de monde devant. J’ai beaucoup de qualités (les fleurs sont en solde sur le marché !) mais pas celle de la patience. Et pourtant, il va m’en falloir ! Bref, je décide d’y aller au petit bonheur la chance. C’est immense, la foule est dense et les stands se suivent comme des boites empilées les unes derrière les autres. C’est coloré, bruyant, mouvant et il est difficile de ne pas se laisser happer par le flux et le reflux d’une marée humaine qui s’empare de chaque mètre carré mis à sa disposition. Je ne vais pas dire que j’étais perdue, mais pas loin !

DSC00141       DSC00145       (veuillez pardonner le flou des photos, je n'avais qu'un vulgaire portable !)

 

     Allez, un peu de courage et me voici à l’assaut d’une montagne quasi inaccessible ! Les grandes maisons d’éditions vous renvoient toutes à leur service manuscrit (ou alors, je m’y suis prise comme un pied !). Les auteurs délivrant leur dédicace sont presqu’intouchables (il y a la queue partout !) Pourtant, j’aurais bien voulu les approcher et bavarder un instant avec eux. Ça sera pour une autre fois. Aujourd’hui, c’est dans un autre but que je suis là.

     Mais je n’ai pas perdu mon temps ! J’ai fait des rencontres très agréables et, au cours de mes 3 courtes journées, j’ai pu m’intéresser à des auteurs sympathiques et moins connus que je vais vous présenter :

     Entre autres, William Cliff, « épopées » chez « La table ronde », adapte la vie quotidienne dans quelques proses poétiques où tout prend un autre sens. De la 2CV à l’ouvrier en passant par l’amour, l’alcool et la déchéance, tout est prétexte à la poésie. Et ce n’est pas mieux ainsi ? A noter, le libraire qui tient le stand, jeune homme d’origine italienne, est d’une touchante gentillesse.

     « Naître ou ne pas naître noir » et « Etrange ballet des ombres » chez « Myriapode » sont les romans d’un africain, Victor Kathémo. Il dénonce très justement les travers des conditions humaines où la différence oblige à se fondre dans la masse, au risque d’oublier ses racines et de perdre son identité, et où l’indifférence flirte avec le mépris. Poésie des mots, fluidité du texte, j’ai adoré passer un peu de temps avec Victor sur son stand.

     Roger Blandignères est un magnétiseur-guérisseur qui en est déjà à son quatrième ou cinquième roman. Je lui en ai pris quelques-uns dont « L’enfant déraciné » chez « TDO éditions » qui traite de la difficulté d’adopter un enfant. Mais si le chemin de l’adoption est long et caillouteux, le rêve réalisé n’en demeure pas moins, lui aussi, chargé d’épreuves… émotions garanties. Attention Mesdames, Roger est un charmant monsieur qui se révèle être très charmeur…

     Chez « Héloïse d’Ormesson », Damien Luce fait la promo de son deuxième roman. Mais j’ai choisi de découvrir son talent dans le premier « Le chambrioleur » (il n’y a pas de faute d’orthographe, il s’agit bien de chambrioleur). Le monde merveilleux de l’enfance m’interpelle et la première page est à la fois poétique et terriblement réelle. Damien est un jeune pianiste, compositeur, comédien et aussi écrivain. Il est très sympathique et ouvert.

     Me voici devant « Le dilettante » et je m’assoie face à Chefdeville, alias Dounovetz pour son roman « Je me voyais déjà… ». Tout un programme et vous comprendrez que le titre m’ait attirée. En feuilletant le bouquin, j’ai apprécié la verve de l’auteur. Pas de rondeurs, du pur et dur, à l’image d’un Dounovetz barbu dont les yeux pétillants témoignent de son appétit pour la vie et ses plaisirs.

     Mon coup de cœur va à un charmant jeune retraité Martiniquais, Jean-Pierre Maurice, dont le premier essai « Les neuf piliers de la sagesse » aux éditions « société des écrivains » m’a séduite. A la recherche d’un bonheur qui passe par la sagesse d’écouter (et surtout entendre !) les anciens dont les mots ouvrent des portes sur les possibles. J’ai été accueillie à bras ouverts et j’ai même eu droit à prendre place à ses côtés derrière son stand pour mieux apprécier sa conversation. Autre point de vue du salon ! Je vous avouerai que j’en étais assez fière ! Photo à l’appui.    

                           DSC00147

     Autre rencontre, celle de Omri Ezrati, journaliste, rédacteur au Flash Transport, directeur de la radio Hot Truck Jazz, et écrivain : « Le jardin des solitudes » chez « Publibook » est à paraître prochainement. Si on laisse le côté policier du roman, on trouvera la quête rédemptrice de sa propre humanité dont les faiblesses compensées par une véritable recherche de soi amènent à la paix intérieure. Accueillant, professionnel, Omri est un homme dynamique ayant plusieurs cordes à son arc qu’il fait vibrer avec fougue et conviction. A connaître et à suivre.

     Mais mon plus grand moment d’émotion est la rencontre, au tout dernier moment de mon séjour, avec Isabelle Blondet-Hamon qui présente son premier roman « Le ciel de Birkenau » aux éditions « Diabase ». Héritage d’un lourd passé violent et cruel, maladie, descente aux portes de la mort, Isabelle a recueillie les témoignages d’une femme qu’elle fait revivre dans son roman qui brille dans le noir du désespoir. Chaque ombre porte en elle une touche de lumière. Il faut juste la chercher et s’y accrocher.

     Je ne fais pas la promotion de ces romans, ni de leurs auteurs. Je raconte, avec passion, ce qui m’a touchée, émue, et ces courts moments ont été intenses en émotions diverses. Je tenais à les faire partager.

     Mais ce n’est pas tout ! J’ai croisé (ou plutôt entr’aperçu) Elie Sémoun, Nicolas Canteloup, François Hollande et Jean-Louis Debré. Quant aux autres, je n’étais pas à la bonne place au bon moment ! Ah oui, un cow-boy et un jeune démon (pas sûre que c’en était un !) ont pris la pose pour mon plus grand plaisir :

                DSC00155     DSC00150

 

     Et moi, dans tout ça ? J’ai quand même fait quelques touches. Je suis allée à la pêche et je ne sais pas encore ce que j’ai remonté dans mes filets. J’en reviens au début de mon histoire, il faut que j’apprenne la patience. En attendant, on peut toujours rêver !!!

      

                             DSC00156

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Published by danièle CHANEAC - dans roman
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lestempscomposes 05/04/2012 11:45

Bonjour, comme le monde est petit !!!!!! J'ai des problèmes avec
Orange en ce moment. Je vous ai envoyer deux messages et apparemment
vous ne les avez pas reçu..Je vous remerciais pour votre commentaire
très sympathique .Votre analyse du " Monde des flous " est très
précise. ( je comprends mieux! ) Je ne connais pas encore toutes les
subtilités de l'univers du blog, car jusqu'à présent, et depuis de
nombreuses années, j'écrivais sur des sites d'écriture libre. Ce sont
deux mondes très différents.Mais j'ai ouvert une communauté sur
Overblog "" Point à la ligne ", vous pourrez, si vous le désirez, y
déposer vos textes et peut être vos critiques !
dernier point ; il y a quelques années j'ai écris un livre qui a été
édité à compte d'éditeur sans trop de problème chez Lacour, éditeur à
Nimes. C'est peut être une piste pour vous. Au plaisir de vous lire.
Cordialement. QSR

danièle CHANEAC 05/04/2012 16:23



Merci, j'irai voir sur votre communauté et me renseignerai sur votre maison d'éditions. Amicalement.



lestempscomposes 05/04/2012 02:03

Bonjour chère voisine....je viens de lire votre article sur votre séjour dans la capitale...et je me rends compte que vous habitez à Bagnols....comme le monde est petit ...j'habite moi même à
quelques kilomètres d'Uzés...Je vous ai envoyé 2 messages à propos de votre commentaire sur "le monde des flous" et je ne pense pas que vous les ayez reçu. Gros problème d'Orange ! Cordialement.
QSR

danièle CHANEAC 05/04/2012 09:01



Bonjour. J'ai reçu de votre part 2 commentaires sur les extraits de mon roman. Et je vous ai fait part de mon ressenti après la lecture de votre nouvelle sur le monde des flous. Est-ce mon
commentaire que vous n'avez pas reçu ou en avez-vous envoyé un autre qui ne serait pas passé ? Concernant notre voisinage, mon roman a pour cadre "le mas Careiron" à Uzès. Comme on se retrouve
!!! Au plaisir de vous lire...



mansfield 04/04/2012 17:36

J'ai adoré votre épopée savoureuse de provinciale à Paris, difficile de trouver un éditeur mais j'aime beaucoup cette naïveté, cette fraîcheur qui font un beau récit.

danièle CHANEAC 05/04/2012 00:12



Si partir à la découverte en laissant derrière soi tout préjugé, si ouvrir grand les yeux et les oreilles, si sentir le parfum de la nouveauté et s'en enivrer, si savourer chaque instant que la
vie vous accorde, si s'émerveiller de tout et de rien c'est être naïf, alors oui, je suis naïve et fière de l'être. J'ai adoré ce moment passé à Paris et quoique j'ai pu rapporter de mon séjour,
j'en suis pleinement satisfaite. Merci de votre gentil mot... 



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